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Elsa Vivant

Crédit photo: Ivan Mathie

Maître de conférences en urbanisme à l’Institut Français d’Urbanisme et chercheuse au Latts.

elsa.vivant@univ-paris-est.fr

 

Après des études en aménagement et environnement à l’Université Lille 1, Elsa Vivant s’est spécialisée en urbanisme dans le cadre du Dess de l’IFU. Elle y a réalisé sa thèse de doctorat (thèse soutenue en 2006). Après un post-doctorat à la London School of Economics, elle a été qualifiée maître de conférences en sociologie et urbanisme. Elle est maître de conférences à l'IFU depuis 2007 et elle enseigne principalement dans le cadre de la spécialité Opérateurs et manageurs urbains du master Aménagement, urbanisme, transport.

 

Ses recherches portent sur différents aspects de la ville créative. En quoi ce terme controversé permet-il de renouveler les questionnements sur les modes de production de la ville?

L’objet central de ses travaux vise à la compréhension des mutations urbaines et sociales à travers l’analyse critique de l’instrumentalisation de la culture dans l’action urbaine. Une des spécificités de sa posture de recherche réside dans l’intérêt qu’elle porte aux mondes de l’art et de la culture, et aux changements qu’ils connaissent actuellement.  La connaissance des fonctionnements des mondes créatifs offrent un cadre d’analyse et de compréhension des phénomènes urbains : la montée en puissance d’une logique entrepreneuriale dans la gestion des équipements culturels,  l’articulation entre scènes indépendantes et mainstream, les évolutions de l’organisation du travail inspirés par le travail créatif (accroissement de la flexibilité et de la précarité du travail), le rôle de la créativité dans la production…

 

 

Vivant, Elsa (2009) , Paris, Presses Universitaires de France, Collection La ville en débat.

 

 

 

Recherche en cours : Urbanisme et créativité

 

Quel est la place et le rôle de l’urbanisme dans une ville et une économie dites créatives ? Voici la question centrale qui oriente ses recherches actuelles et à venir. Autour d’elle, s’articulent plusieurs perspectives de recherche.

Comment s’articulent la créativité et l’innovation dans les projets urbains et plus généralement dans les pratiques des urbanistes ? Un projet de recherche-action, soutenu par la Région Ile-de-France,  vise à comprendre comment la créativité artistique peut intervenir dans un processus d’innovation urbaine. Il s’agit d’organiser la confrontation d’artistes et d’acteurs d’un projet urbain au cours des phases amont du projet pour évaluer en quoi et dans quelles conditions la créativité artistique peut participer à un processus de projet, en révélant des tensions, en apportant un regard différents sur le territoire, en permettant des discussions nouvelles entre acteurs. Cette recherche s’effectue sous la direction scientifique de Nadia Arab, et en partenariat avec Dédale, opérateur de projets artistiques.

Liens sur le projet Picri : présentation du projet sur le site de la Région IdF

Présentation du programme SmartCity

 

En quoi l’urbaniste peut-il être considéré comme un travailleur créatif ? Ce projet vise à analyser l’organisation du champ professionnel de l’urbanisme. Il s’agit ici de s’intéresser plus particulièrement à la structuration du milieu professionnel des bureaux d’études en urbanisme. Le cadre d’analyse est celui de l’organisation des secteurs d’activités et milieux créatifs. En un sens, il s’agit de considérer l’urbaniste non pas comme un acteur de la ville entrepreneuriale mais comme un sujet entrepreneurial. L’enjeu scientifique est de déconstruire l’idée d’économie créative pour mieux comprendre les incidences de l’évolution de l’organisation du travail sur les trajectoires professionnelles et personnelles. Les professions créatives sont marquées par une forte précarité, un travail flexible et des revenus incertains. En quoi les contraintes de ces travailleurs affectent leurs usages de la ville ?  Plus globalement, cette recherche développe une autre conception de la ville créative, au sens où il convient de penser la fabrication de la ville par rapport aux contraintes liées à la précarité du travail créatif, contrainte qui s’impose à un nombre croissant d’actifs. Cette recherche est effectuée en collaboration avec le CMCI (Centre for Culture, Media and Creative Industries) au King’s College de Londres.

Vivant Elsa (2011)<//u>, « Travail créatif, emplois précaires », Métropolitiques, 9 novembre 2011. URL : http://www.metropolitiques.eu/Travail-creatif-emplois-precaires.html

 

Quand l’entrepreneuriat urbain rencontre l’entrepreneuriat culturel 

Les équipements culturels constituent des éléments phares dans de nombreuses opérations de régénération urbaine. Ils sont considérés à la fois comme des outils de communication et comme des leviers pour l’action. Ils sont instrumentalisés par les aménageurs et les collectivités locales pour produire l’image de marque du projet et de la ville. La compréhension des enjeux auxquels sont confrontés les mondes de la culture offre une perspective nouvelle sur les rapports entre mondes de l’art et de la culture et monde de la production urbaine. En effet, face à une hausse conséquente de leurs frais de fonctionnement, de nombreux établissements ont recours aux financements privés (par le mécénat et le parrainage). Les logiques managériales des musées s’inspirent de plus en plus du monde de l’entreprise (vente de produits dérivés, programmes de fidélisation, multiplication des espaces de détente et de restauration) et conduisent aujourd’hui à la mise en œuvre de véritables stratégies de marques. Ainsi, la question de l’instrumentalisation de la culture peut être progressivement reformulée en termes de réciprocité : en quoi les évolutions des mondes de la culture et de la production urbaine permettent-elles cette instrumentalisation ?

Publications :

Vivant, Elsa (2011) "Who Brands Who? The Role of Local Authorities in the Branching of Art Museums", Town Planning Review, vol. 82, n°1; pp: 99-115.

Vivant, Elsa (2009) "Inconstance du collectionneur ou calcul de l'entrepreneur? Ce que l'échec de la fondation François Pinault nous apprend sur les mondes de l'art et de la production urbaine", Politix, vol.87, n°4; pp: 189-207.

Vivant, Elsa (2008) "Du musée-conservateur au musée-entrepreneur", Téoros, vol. 27, n°3; pp: 43-52.

 

 

Pratiques artistiques alternatives et mutations urbaines 

 

En quoi l’inscription urbaine des pratiques artistiques alternatives est-elle révélatrice des mutations des sociétés urbaines ? Comment les acteurs de la production urbaine se saisissent-ils de ces expériences ? Dans le cadre de son doctorat, Elsa Vivant s’est intéressée aux scènes artistiques off, c'est-à-dire celles qui ne sont pas concernées par les politiques publiques de la culture et n’entrent pas dans le champ des industries culturelles. Elle montre dans quelle mesure les pratiques culturelles off participent aux dynamiques urbaines et en quoi la coexistence de lieux alternatifs et de lieux culturels institutionnels est essentielle à l’effervescence créative d’une métropole.

Dans ce travail, il s’agit de porter un regard décalé sur les discours et pratiques sur l’attractivité des villes  qui privilégient la question de l’amélioration du cadre de vie comme élément de valorisation de la ville, notamment par la création d’équipements culturels ou d’événements prestigieux : nouveaux musées, grands festivals, espaces de consommation luxueux, etc. Or, l’attrait de la grande ville ne réside pas (uniquement) dans son opéra, ses résidences de standing ni dans ses espaces publics sécurisés et aseptisés par un design normatif. Au contraire, les métropoles sont les lieux de la confrontation permanente à l’altérité, offrent des possibilités de rencontres improbables et fortuites, autorisent l’anonymat et la cordiale ignorance, et regorgent de lieux insolites en perpétuels changements.... L’analyse s’intéresse aux lieux culturels off pour montrer en quoi ils contribuent aux mutations urbaines. Ici, les lieux off ne sont pas l’objet de l’étude, mais le fil conducteur, l’analyseur permettant une compréhension nouvelle des évolutions urbaines contemporaines. Cette thèse s’articule autour de trois axes thématiques: La régénération urbaine. Comment les lieux culturels off sont-ils intégrés à des projets urbains ?  Comment deviennent-ils des constituants d’un nouveau quartier ? La gentrification. Dans quelle mesure des lieux off participent-ils à la revalorisation symbolique d’un quartier ?Le tourisme urbain. La culture off participe-t-elle à l’image touristique des villes ?

Face à la tentation de sur-sécurisation de l’espace public et de muséification de l’espace urbain, cette thèse affirme le rôle des pratiques alternatives et revendique le droit pour les habitants d’espaces de liberté. L’originalité de ce travail est de considérer que, malgré leur caractère précaire voire illégal, ces espaces de liberté sont nécessaires à une ville. Cette recherche incite les villes et les décideurs à avoir une démarche originale et compréhensive vis-à-vis des expériences alternatives. Au-delà, il s’agit pour une urbaniste de réfléchir à ce qui fait « ville », à l’émergence de l’urbanité et du sentiment d’appartenance à une communauté citadine. Il est en effet paradoxal pour des professionnels de l’urbain, pour des architectes et des urbanistes, de concevoir que l’urbanité apparaît là où elle n’a pas été planifiée. Sentiment d’impuissance ou aveu d’humilité que d’admettre que les espaces en friches, les lieux off, les lieux non planifiés sont les lieux de l’émergence de nouvelles dynamiques urbaines.

Publications:

Vivant, Elsa (2010) "The (re)making of Paris as a bohemian place? " Progress in Planning, vol.74, n°3; pp: 107-152.

Vivant, Elsa (2009) "How Underground Culture is Changing Paris", Urban Research and Practices, vol. 2, n°1; pp: 36-52. Cet article a reçu le prix du meilleur article d’un jeune chercheur lors de la conférence Annuelle de l’Eura (European Urban Research Association) The Vital City, organisé en septembre 2007 à Glasgow sous le titre : "The Off Artistic Venues' Trigger Effects in Urban Regeneration Project".

Vivant, Elsa, Eric Charmes (2008) "La gentrification et ses pionniers: le rôle des artistes off en question", Métropoles, n°3, mis en ligne le 22 septembre 2008. URL : http://metropoles.revues.org/document1972.html.

Vivant, Elsa (2008) "Sécurisation, pacification, animation. L'instrumentalisation des scènes culturelles offTerrains et travaux, n°13; pp: 169-188. dans les politiques urbaines",

Vivant E. (2008) "La mise en scène d'une friche par un cirque. Le Cirque Electrique à la Cour du Maroc", in Fourneaux F. (Ed.), Les lieux du cirque, Paris, Le Manuscrit.

Vivant, Elsa (2007) "L'instrumentalisation de la culture dans les politiques urbaines: un modèle d'action transposable? L'exemple de la création d'un quartier culturel à Newtown, Johannesburg (Afrique du Sud)", Espaces et Sociétés, n°131, pp: 49-66.

Vivant, Elsa (2007) "Les événements off: de la résistance à la mise en scène de la ville créative", Géocarrefour, vol. 82, n°3; pp: 131-140.

Vivant E. (2006), "La classe créative existe-t-elle ?", Annales de la Recherche Urbaine, n°101; pp: 155-161

Vivant, Elsa (2006) Le rôle des pratiques culturelles off dans les dynamiques urbaines, thèse de doctorat en urbanisme, sous la direction de François Ascher, Ecole doctorale Ville et Environnement, Université Paris 8

 

D'autres documents sont accessibles sur Hal Shs

Expertise et évaluation

Elsa Vivant  participe au comité d’évaluation du programme de recherche « creativity and Innovation » de l'ESF (European Sciences Foundation). Elle évalue des articles pour plusieurs revues scientifiques dont Cities, et City, Culture and Society.  Elle est amenée à intervenir en tant qu'experte dans des projets de différentes nature : atelier prospectif de la fondation Luma (Arles), séminaire la ville des créateurs du programme popsu Europe (Puca), définition de programmation culturelle de projet urbain….